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vendredi 18 mai 2012

Feed, ou comment nourrir son esprit critique...


Rédaction d’un compte-rendu critique :
ANDERSON, Interface.
Feed, ou comment nourrir son esprit critique.

« Interface » est un roman détonnant mêlant les genres du roman de formation à la dystopie. L’auteur plonge qui veut le lire dans un monde futuriste aux mœurs pas si étrangères aux nôtres, tout en multipliant les références aux grands classiques de littérature de science-fiction, tels que Huxley, Orwell ou encore Wells. Malgré un style un peu lent, le rendu final est plus qu’appréciable, et il l’est d’autant plus en  considérant la visée pédagogique du roman de formation qu’est ce livre…

Matthew Tobin Anderson est un écrivain américain, originaire de Boston. Après de longue étude en littérature à Harvard ou encore à Cambridge, l’auteur se laisse happer par la musique, ainsi devient-il disc-jockey, ou encore critique musical avant de revenir vers son domaine de prédilection qu’est la littérature. Il devient assistant éditorial dans l’édition pour la jeunesse avant de finalement se laisser, lui-même, tenter par l’écriture. Interface qui est la traduction française du titre originale Feed lui vaut un grand succès avec lequel il remporta notamment deux prix. Anderson, après avoir travaillé dans l’édition, sait ce qui plait, c’est pourquoi il a choisi la science-fiction et plus précisément, la dystopie pour son roman, sous-genre qui place le lecteur face à un futur possible que dénonce l’auteur. Ainsi, dans ce livre, le lecteur est confronté à une société de consommation poussée à l’outrance, incapable de penser par elle-même (Une puce électronique implantée dans le cerveau s’en charge pour eux), une société capitaliste qui plus est, et vivant dans un monde en déchéance où le niveau de CO² est maintenu uniquement grâce à des usines construites à cet effet. Une planète en perdition à partir de laquelle l’auteur entend bien mettre en garde ses jeunes lecteurs.

Concernant l’objet « livre », ce roman pour adolescent fût édité chez « Gallimard jeunesse » dans la collection « Scripto », en 2004 pour la traduction française. Cette collection est bien connue pour prendre sous son aile des textes qui « dérangent », ou en tout cas dont le dessein est d’éveiller les esprits du « troupeau aveugle ». Rendre l’esprit critique de ses jeunes lecteurs aiguisé, voici à quoi s’engage Scripto. Interface n’est, de ce fait, pas un livre à prendre au premier degré ou à ne lire rien que pour le plaisir, et si tel est le cas, le lecteur est réellement passé à côté de la visée pédagogique du roman de formation, qui est de pousser ses jeunes lecteurs à prendre du recul par rapport à l’histoire à proprement parler pour adopter un raisonnement mature.

L’œuvre de M. T. Anderson, Interface, c’est avant tout, la vie trépidante d’un jeune adolescent, Titus. Ce dernier, lors d’un voyage sur la Lune avec ses amis, va faire une curieuse rencontre, celle de Violet, une jeune fille dont les idées dérangent. Cette adolescente est en effet à part des autres en ce sens qu’elle est libre de penser par elle-même. Elle porte un regard sévère sur le monde qui l’entoure à propos de sujet divers tels que la suprématie des nouvelles technologies, la pollution dans le monde, le devoir de mémoire,…

Cette différence la mènera, hélas, à sa perte, dans un monde où le conformisme est la seule liberté laissée au peuple. Quant à Titus, il commencera son long et laborieux périple qui le mènera, un jour, à une possible prise de conscience. C’est donc autour d’une romance entre deux jeunes adolescents dans un monde futuriste que l’auteur a choisi d’écrire sa trame narratologique.

Les deux jeunes protagonistes de l’histoire sont donc Titus et Violet, deux jeunes ados à priori que tout rapproche mais si différents. Titus, représente le conformisme, ce qu’est le « bien penser », il est comme 73pourcents des jeunes américains pourvu d’une interface dont il ne saurait se passer. Le choix de rendre le personnage assez froid et dur avec Violet ne favorise pas l’identification par le jeune lecteur, ce qui peut, par contre, l’encourager à s’identifier à Violet. Cette dernière est présentée comme victime de la société, issue d’un milieu peu favorisé, elle n’acquiert son interface qu’à l’âge de 7 ans, le triste hasard fera malheureusement que quelques années plus tard, elle sera la proie d’un pirate. Toutefois, la réparation de son interface se serait faite sans problème si elle n’avait pas été un « mauvais profil » de consommatrice. Elle représente la rébellion, le « bon agir », elle lutte quand d’autres aurait baissé les bras, elle est l’exemple à suivre. Choix judicieux de l’auteur qui est de favoriser l’identification à ce personnage en la rendant « martyre », puisque qu’elle est la personnification de l’esprit critique et du « juste penser ».

Ce roman d’Anderson se présente comme un pamphlet dénonçant les dérives de l’époque actuelle. En critiquant une société dans laquelle il faut suivre la mode à tout prix au risque de porter préjudice à soi-même, où les mots d’ordre sont la technologie encore et toujours¹, une planète sur laquelle l’air devient irrespirable et où il n’est plus possible d’avoir un enfant naturellement à cause de la surexposition aux radiations, un monde dans lequel le fossé entre riches et pauvres se creusent davantage chaque jour, et où la devise tend à devenir : « Marche ou crève » (Violet en est d’ailleurs l’exemple « type »), l’auteur incite le lecteur à réfléchir. De plus, pour étayer ce qu’il dénonce, l’auteur prend appui sur d’autres œuvres et d’autres écrivains qui, comme lui, se sont souciés de demain. Ainsi pour ceux qui l’ont lu, Le meilleur des mondes, d’Aldous Huxley grâce aux nombreux conceptianarium, ou encore par ce besoin d’être constamment dans un état second grâce au soma pour Huxley, grâce aux bogues pour Anderson. D’autres liens sont à faire avec le roman de Bradbury, Fahrenheit 451, à cause de cette omniprésence des écrans télé qui captivent l’attention des gens au point de leur faire oublier la réalité dans Fahrenheit 451, et à cause de l’interface qui remplace véritablement les liens interhumains et qui en vient à les faire oublier dans Interface. Ainsi, la plupart des discussions qu’entretiennent Titus et Violet se font-elles par interface. Le troupeau aveugle de Brunner également avec qui l’auteur entretient le souci de la nature. Ou bien encore, dans 1984, d’Orwell, qui dénonce une société de contrôle selon le Big Brother (Is watching you), semblable à celle que dénonce Anderson. Dans 1984, également, l’auteur met en avant un appauvrissement de la langue conduisant lui-même à une restriction des limites de la pensée…

« Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? »²

Et même si Anderson ne le revendique pas explicitement, il décrit un monde où aller à l’école n’est plus une obligation, et quand bien même on s’évertue à y aller, c’est pour suivre des cours sur l’utilisation de l’interface. Le père de Violet, ancien universitaire est décrié par tout qui l’approche et notamment Titus :

« -Je n’ai pas compris un seul mot de ce qu’il a dit.

-Il prétend que le langage est en train de mourir. »³

Dès lors, les deux auteurs se rejoignent. À la page 268 du roman, le père de Violet dit à Titus :

« (…) Va t’amuser parmi les Eloïs. » p.268.

Faisant donc explicitement référence au roman de Wells, La machine à explorer le temps, en injuriant le jeune garçon d’ignare.

Anderson, dans son livre met tout en œuvre pour pousser son lecteur à la réflexion de par le choix du genre apprécié chez les jeunes adultes (dystopie), mais également grâce au genre de roman de formation, et ensuite par la judicieuse description de Violet qui pousse le lecteur à l’identification. Tout y est rassemblé afin qu’Interface ait une réelle portée philosophique et morale chez les jeunes qui le liront.

Toutefois, parce qu’une œuvre n’est jamais irréprochable, un adolescent de 15 ans ne comprendra peut-être pas toute la subtilité des hommages que rend l’auteur aux grands écrivains, ce qui est regrettable…

Malgré tout, l’auteur d’Interface arrive, par le biais de son roman à la visée pédagogique fixée par le roman de formation.

¹ Impossible de lire ce livre sans penser à la nouvelle création de Google : projet glass
² Extrait in: ORWELL (G.), 1984, éd. Folio, pp. 74.
³ Extrait in: ANDERSON (M.T.), Interface, éd. Gallimard jeunesse, “coll. Scripto”, p.132.

Roman que j'aimerais re-lire.

A l'aube des examens, mais aussi bientôt, des vacances, je réfléchis à la liste de livre que j'aimerais lire ou re-lire... Je me souviens de ce roman que j'ai du lire en cinquième secondaire de Thierry Jonquet, La bête et la belle, un formidable roman policier, et un incroyable roman à chute qui plus est.
Ah ce bon vieux "Léon" m'aura laissé un souvenir impérissable... Qui est Léon? Je ne vous le dit pas! Ou alors juste un indice...                  Il est la clé de tout....

Bref si vous voulez, vous aussi, lire une thiller haletant, avec une fin triste, mais oh combien surprenante.... Je vous le conseille!

jeudi 17 mai 2012

RAUCY Claude, Le doigt tendu

Je m'attèle à un compte-rendu critique de l'oeuvre de Claude Raucy un peu tard peut-être, mais le fait d'avoir rencontré le "personnage" me donne de l'inspiration...

1) LA rencontre...
Tout d'abord, je tiens à adresser toute ma sympathie à Monsieur Raucy qui a su garder toute sa simplicite malgré sa notoriété, je garderai en mémoire de cette rencontre un homme jovial, ouvert à l'auto-dérision, et qui ne se laisse pas désarçonner quand bien même on le "taquine". Connaître cet homme et avoir l'occasion de lui poser des questions en toute simplicité comme il a été question durant l'après-midi du jeudi, m'a réellement donné l'envie de lire d'autres romans de Monsieur Claude...
Ce n'est pas une personne présomptueuse, et j'aurai tendance à dire que j'apprécie d'autant plus ses oeuvres maintenant que je "connais" l'Homme qui se cache derrière.

2) Le doigt tendu...
Je fus fort étonnée de voir cette oeuvre tant critiquée lors de la rencontre, je regrette d'ailleurs de n'avoir pas osé prendre part au débat, mais je ne tenais pas à ce que les choses prennent des allures de "règlements de compte" entre les fle et les moralistes.
Toutefois, j'ai été agréablement surprise par cette lecture, j'étais, je dois l'avouer, un peu réticente à l'annonce du titre et du thème, et j'avoue m'être dit:

"Oh non! pas encore, la guerre, j'en ai mangé des visites et des livres à ce sujet!!
On va encore nous parler des camps, oui je sais, c'est malheureux, on ne doit pas l'oublier mais on nous rabroue tellement les oreilles avec ça que j'en ai marre!!"


Puis, en rentrant chez moi, je me suis mise à lire et là, les pages déferlèrent, j'ai terminé le roman en un jour. Ce que j'ai le plus aimé dans l'écriture de Monsieur Raucy, c'est cette façon qu'il avait de peindre la guerre d'une jolie façon, pas de camp, pas d'extermination, il était question de la VIE pendant la guerre. Pourquoi cette approche positive de la guerre, Claude nous apporta sa réponse à lui, pendant la guerre, il eut une enfance heureuse. Dès lors, je comprends mieux son choix d'approche.

Ensuite, j'avoue avoir beaucou réfléchi à la fin, cette délation tant attendue qui ne vint finalement pas... Cela m'a réellement laissé perplexe, dans le cadre de la formation de moraliste que nous suivons, je me suis retrouvée face à un dilemme moral auquel je ne trouvais pas de réponse satisfaisante...
Jacque doit-il payer pour sa faute? Je dois admettre n'avoir toujours pas trouvé de réponse qui me satisfait entièrement. Ce n'est pourtant pas faute d'y avoir réfléchi!
En conclusion, je pense donner ce livre à mes futurs élèves aussi bien en français qu'en morale. En français, pour le côté "positif"que Monsieur Raucy apporte à la guerre, c'est une tout autre façon d'approcher l'atroce, ça dépayse, mais ça fait du bien! Et en morale pour le dilemme que ce roman pose, et peut-être que les élèves auront, eux, une réponse à m'apporter...

vendredi 30 mars 2012

ORWELL, 1984.




"Il  n'y a aucune possibilité pour qu'un changement perceptible ait lieu pendant la durée de notre existence. Nous sommes des morts." p.235.

Ces mots résonnent encore dans ma tête et surtout la dernière phrase, "Nous sommes des morts". Ces mots résument, à eux-seuls, l'entièreté du roman d'Orwell. Telle est la complexité du problème à résoudre. 
Si Winston continue à vivre comme il l'a toujours fait, la vie qui s'offre à lui n'est autre qu'une existence fade, sans goût, sans intérêt, sans amour, sans passion, sans libertés,...
Si au contraire il se rebelle afin de vivre sa vie comme il l'entend, certes il vivra quelques heures, voire au mieux, quelques jours de bonheur, mais il se voue ainsi à être persécuté, torturé, voire jusque mort s'en suive par les gens du parti et partisans de "Big Brother".

Qu'aurions-nous fait à la place de Winston? Un sujet intéressant pour les moralistes que nous sommes...

P.S.: J'espère bientôt voir l'adaptation cinématographique de ce roman d'Orwell. Il me tarde de voir les acteurs choisis et notamment pour jouer le personnage, Winston pour qui mon imagination a déjà travailler longuement. 
(Petit, gros, vieux, grise mine, boitant,...)

jeudi 12 janvier 2012

"Sa partie est terminée, pas la mienne" p.253

Rune Michael, Genesis Alpha.
Titre futuriste avant coureur des thèmes abordés, nous passons ici à un tout autre type de roman.
Genesis Alpha ou comment parler de déterminisme social à des enfants, effectivement ce livre m'a rappelé mon cours de morale de l'année passée en touchant à des sujets comme les bébés médicaments ou bien encore devenons-nous ce que nous sommes par une suite d'actions ou venons-nous au monde avec un chemin tout tracé? Est-ce qu'un bébé naît criminel? ou le devient-il? Autant de sujets qui me semblent plus adaptés à un cours de morale si l'on veut vraiment exploiter pour ses thèmes intéressants.

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants....

Poursuivons nos lectures avec un des premiers livres de la liste de Madame Muselle: Une pièce montée de Blandine Le Callet. Chouette roman mais sans plus...
L'auteur a choisi un type bien particulier de narration en focalisant son histoire le jour du mariage de Bérangère et Vincent, et sur un personnage en particulier à chaque chapitre. Ainsi, nous avons par exemple pour le chapitre 1, l'histoire de Pauline (fille du frère de la mariée), outrée par le comportement que sa tante peut avoir avec Lucie (petite fille trisomique). Pour le chapitre 2, l'histoire de Bertrand (prêtre choisi pour la cérémonie) qui est très irrité par le comportement bourgeois de la mariée et qui pour lui faire payer son mauvais comportement, n'hésite pas à négliger la cérémonie. Pour le chapitre 3, l'histoire de Madelaine (grand-mère de Bérangère, la mariée) nous est racontée, dame âgée très malade qui tyrannise ses filles. Et ainsi de suite pour les 6 chapitres suivants.
J'ai aimé ce roman mais sans plus, sans plus pourquoi? Tout simplement parce que l'histoire est racontée de façon assez banale... des problèmes de familles comme tous le monde peut en avoir, des comportements agaçants et notamment cette bourgeoisie et cette prétention qui m'a agacé à m'en rendre malade.

Bérangère, la mariée, ne veut par exemple pas de la petite Lucie dans ses demoiselles d'honneur sous prétexte que "ça ferait désordre". Je dois vous avouer que c'est l'un des personnages que j'ai eu en horreur tout au long du récit, souhaitant même parfois que le marié se décide à la quitter.

Bref, j'ai du me retenir de ne pas arracher les pages du livre la concernant! (Et oui, à ce point!!)
Venons-en maintenant à son adaptation cinématographique, je savais qu'elle existait avant de lire ce roman, et je me suis tout au long de celui-ci demandé comment le réalisateur ferait pour mettre en scène ce bouquin....
Je ne suis pas déçue de l'adaptation, bien que certains personnages aient disparus, le scénariste à remplacé la folie du prêtre et la tyrannie de Madelaine par un amour de jeunesse renaissant de ses cendres. Les deux se trouvent troublés par la vue de l'autre, les souvenirs jaillissent et une courte romance débute. Courte, car hélas la mauvaise santé se dégradant de la grand-mère dans le livre est ici illustrée par la mort de la dame à la fin du film.

Et maintenant revenons-en à Bérangère... Je remercierais presque l'actrice d'avoir interprété son rôle de cette façon, interprétation du personnage qui heureusement pour moi, n'était pas très fidèle au roman. Dans le film , l'actrice, Clémence Poésy, m'a presque semblé agréable, à l'inverse, son mari (Vincent) interprété par Jérémie Renier a suscité en moi beaucoup moins de sympathie que son double romanesque.


Je ne pense pas que je donnerais ce genre de livre à mes élèves car il ne présente pas grand intérêt, aucune intrigue, aucun dénouement, l'histoire est platonique. Toutefois l'étude de livre en parallèle avec son interprétation cinématographique pourrait présenter plus grand intérêt.

mercredi 11 janvier 2012

Le fantastique dans toute sa splendeur!

J'ai commencé 2012 en beauté avec la lecture de ce petit livre de Stevenson qui n'est autre que le récit du Dr. Jekyll appelé aussi Mr. Hyde les jours plus sombres. Ce docteur trouve le mélange parfait entre diverses substances afin de séparer sa personnalité "bonne" de la "mauvaise", mais le piège réside dans le fait que son côté plus noir va prendre le dessus sur le bon et ainsi faire disparaître ce côté de sa personnalité. Récit haut en couleur et surtout en suspense, effectivement durant toute la durée du récit on ne sait pas qui est Mr. Hyde, et son lien avec Jekyll.
-Qui est-il?
-Pourquoi agit-il de la sorte?
-Comment/ d'où connait-il Jekyll?
-Lui veut-il du mal? Et qu'en  est-il de Jekyll, agit-il sous la menace?
Si je reprends une phrase dites par le Dr. Jekyll à la page 43 du roman: "J'ai attiré sur moi un châtiment et un danger qu'il m'est interdit de préciser." Celle-ci est une belle preuve du suspenses qu'a instauré l'auteur, et c'est ce qui rend l'oeuvre d'autant plus appréciable (pour ma part en tout cas).

Un deuxième point que j'ai envie d'aborder ici sera la ressemblance du personnage de roman, Jekyll avec le personnage de film, cette fois, le Professeur Foldingue.
J'ai regardé mainte fois ce film, dès lors j'ai tout de suite fait son rapprochement avec le roman de Stevenson.
Dans les deux, on y retrouve la substance permettant la métamorphose, un savant qui perd le contrôle sur une partie de lui même, les péripéties qui en découlent.
Malheureusement, pour le Dr. Jekyll, il n'aura pas la chance de s'en sortir aussi bien sur le Professeur Foldingue puisqu'il y laissera la vie.

Si j'avais à donner ce livre à mes élèves, je le donnerais, je pense, plutôt en troisième, voire en deuxième, c'est un roman que j'aborderai dans le cadre d'une leçon sur les hypothèses de lecture. Puisque la confession annonçant tout le dénouement de l'histoire se trouve dans les deux derniers chapitres.

lundi 2 janvier 2012

Skinny love-Birdy

Voici une des chansons qui aura marqué 2011 pour moi...
14ans et déjà un grand talent!!

Bonne année et meilleurs voeux pour 2012!!

mercredi 28 décembre 2011

"Tu es ce que tu fais."

CORMIER Robert, A la brocante du coeur.
"Tu es ce que tu fais", c'est sans aucun doute une des nombreuses phrases que l'on m'a dit et répété lorsque j'étais enfant et voici que je la retrouve ici dans ce livre de Robert Cormier. Elle est aussi la phrase la plus vraie du livre, sans critique aucune pour l'oeuvre de l'auteur qui met à jour les failles du système de façon très ludique. 

Ce livre me pousse vraiment au questionnement (naïf peut-être, mais ça vaut ce que ça vaut)...
Est-ce vraiment comme ça que ça se passe? 
Peut-on ainsi profiter de la naïveté d'un être humain qu'il soit un enfant ou un adulte? 
Quel genre d'homme doit-on être pour vouloir à tel point gravir les échelons de la société au prix de la vie d'autrui, et dans le cas présent, de celle d'un enfant? 
Comment poursuivre sa vie dignement après avoir encaissé de telles accusations? 

Tant de questions auxquelles j'ai, malheureusement, bien du mal à trouver des réponses satisfaisantes. Néanmoins, je pense que devant un récit de ce type, si les lecteurs restent dubitatifs à la suite de leur lecture ou mieux encore....révoltés, le travail de l'auteur est réussi et brillamment. 

Sans vouloir donner un aspect réducteur à l'utilité de ce livre, j'ai bien du mal à passer outre cette réaction de révolte qu'a produit chez moi sa lecture bien que je dois reconnaître à l'auteur un réel travail de recherche dans son écriture. Je peux dire que j'ai pris un réel plaisir malgré tout à lire l'ouvrage de Monsieur Cormier.
C'est d'ailleurs un livre que je ferai lire volontiers à mes futurs élèves, je l'envisagerais en deuxième voire en troisième année pour une leçon de morale. Non pour critiquer le système juridique, mais plutôt pour montrer la confiance que nous donnons parfois à des personnes "bien placées" (que nous pensons mieux savoir que nous) et toute la manipulation qui découle de ce rapport que nous pensons établi sur des bases de confiance.

Le portrait d'une meurtrière:

Anne Cassidy, L'affaire Jennifer Jones.
J'ai trouvé remarquable le jeu de l'auteur à nous faire deviner, à nous lecteurs, l'identité de la meurtrière. Le décor est bien encré les scénarios bien ficelés et les paris peuvent commencer... 
Oui! Que celui qui n'a pas essayé d'émettre son hypothèse sur l'identité de la meurtrière dès les premières pages me lance la première pierre! 
Soit dit en passant je trouve d'ailleurs qu'il serait intéressant de faire lire ce livre à des élèves qui auraient à travailler les hypothèses de sens etc. J'envisagerai alors la lecture de la première partie du livre: Alice Tully, puis demanderai aux élèves leurs avis et leurs hypothèses que j'espère nuancés. Mais laissons de côté les usages pédagogiques de ce livre et revenons-en au texte pour ainsi dire. 
L'intrigue policière de ce roman tourne autour d'un meurtre commis par une enfant: Jennifer Jones. 
Ce que je retiendrai de ce livre avant tout, c'est cette description non seulement de la meurtrière et de son état psychologique mais également et surtout de tout les élèments extérieurs et dont dépend cet état psychologique instable. Ce roman est en quelque sorte le mode d'emploi à suivre pour en venir à ce triste résultat. 
Outre ce point plus que positif, j'ai cependant une grosse déception pour la fin du récit qui m'a gâché, hélas, le plaisir que j'ai pu avoir pendant la lecture du roman. 
Je n'aurai qu'une seule chose à dire? 
Jennifer, Alice, ou peu m'importe, POURQUOI ne pas avoir répondu à Frankie???! 
Bref, ce roman m'aura laissé sur ma faim....

mardi 18 octobre 2011

"Vivre vite, mourir jeune" dixit Lily p.283

Bande-annonce du film Twelve                            BURGESS Melvin, Junk.
Je viens tout juste de finir ce livre, et je le dis dors-et-déjà, j'ai adoré!

Ce livre à maintes reprises me fait penser au film requiem for a dream, lorsque Lily puis Gemma et Sally sont obligées de se prostituer pour s'approvisionner en Héroïne. On ressent une profonde détresse de la part de ces filles qui perdent tout (santé, dignité,...) sans même s'en rendre compte. Chance pour Gemma qui arrive à s'en sortir (grâce à Oona), contrairement à son "double" dans le film, Marianne, jouée magnifiquement par l'actrice Jennifer Connelly, qui perd toutes valeurs humaines, toute sa dignité et ne trouve aucune issue à ce cercle vicieux. (Faut-il pour autant attendre d'être enceinte pour trouver la force de décrocher à une addiction? Non, évidemment! Mais, je pense que dans ce livre, cela peut être mal interprété par des jeunes ados qui penserait que la solution à leur problème est d'enfanter! Petit reproche sur ce point mais, il n'y en aura pas d'autre.)


Ce livre m'a également fait pensé au film Twelve, je l'ai vu très récemment au cinéma, et là encore ce qui me marque, ce sont cette dépendance et cette perte de valeurs. Le toxicomane n'en a jamais assez, il commence par le hasch, continue avec la cocaïne, puis passe à l'héroïne et ainsi de suite². Le junk est en rupture avec la société, il dérange, on le craint, il fait peur.

Mon avis sur les personnages est, quant à lui, mitigé. Le début du roman nous montre une Gemma détestable, je ne pèse pas mes mots, mais il s'agit de mon vrai ressentis. Je l'ai "maudite", si on peut dire, car elle avait la chance d'avoir des parents soucieux d'elle, elle n'avait rien à envier à ce pauvre Nico, qui lui, avait de bonnes raisons de se sentir désarçonné par sa vie en famille. Bref, je l'ai détesté une bonne partie du roman, fort imbu de sa personne, elle s'est crue le centre du monde et restait avec ce pauvre garçon, pour qui elle n'avait aucun sentiment, sans oublier, bien sûr, que sans elle Nico n'aurait jamais rencontré Lily et Rob et, donc aurait peut-être pu éviter la toxicomanie. J'ai enfin pu dépasser ce stade de rancoeur envers le personnage une fois qu'elle s'est sentie "trahie" par Nico qui ne cessait de lui mentir. Mais comme ce dernier le dit si bien: "L'héroïne vous emmène loin des réalités" p.137 du roman, ainsi, je ne pense pas qu'il faille juger l'un ou l'autre fait ou comportement sévèrement, car tous les personnages sont influencés par leur addiction à l'héro.

²: Le saviez vous? J'ai vu au journal de 20h qu'il existait une nouvelle drogue qui fait, apparemment, fureur en Russie et qui semble être aux portes de la Belgique, La krokodil. De ce qu'on en dit, c'est une drogue aux effets nettement supérieurs à ceux de l'héroïne et au coup trois fois moindre. En revanche, ses effets sont ravageurs, à en juger par la dureté des images. Elle brûle l'épiderme et parfois même les os.
Etonnant? je ne trouve pas, les composants sont dignes de ceux d'un cocktail molotov: iode, héroïne, essence, dissolvant à peinture, phosphore rouge (partie rouge des allumettes) et codéine (contenu dans le somnifère).
>>> N'arrêterons-nous jamais cette innovation régressive?!

vendredi 7 octobre 2011

"Qu'est-ce que tu veux faire plus tard? Heureux, être heureux..."dixit Thomas

Guus Kuijer, Le livre qui dit tout.

Thomas est un drôle de garçon, à 9ans seulement son seul souhait pour l'avenir est celui d'être heureux. Dans cette ambiance très conformiste des années cinquante, avec un père prisonnier de la tradition et de sa Bible, le jeune garçon cherche à survivre (en se réfugiant dans les livres), à échapper à ce père sans imagination et brutal avec sa femme. La liberté de penser de sa voisine – traitée de sorcière –, l’amitié d’Eliza, avec sa jambe de cuir, aideront Thomas à sortir de sa timidité, à briser le carcan construit par son père et à penser par lui-même.

Je n'ai pas accroché à cette lecture, la lecture des plaies d'Egypte par le père et les multiples dialogues entre Thomas et Jésus m'ont fait décrocher à de maintes reprises. Bien que je ne sois pas réticente aux romans de types initiatiques, je ne garderai pas le livre qui dit tout en mémoire.

Hannah 2.

Jean-Claude Mourlevat, La rivière à l'envers, Hannah 2.

Hannah 2. raconte le périple parcouru pour atteindre le sommet de la montagne où s'écoule la rivière à l'envers mais du point de vue d'Hannah. En ayant lu La rivière à l'envers, Tomek 1., j'ai eu peur que l'histoire se répète, et qu'elle me lasse. Heureusement pour nous, lecteurs, Jean-Claude Mourlevat a plus d'un tour dans son sac. Il nous démontre une fois de plus son imagination débordante et son esprit "abracadabrantesque".
Il me semble inévitable, pour ce roman, de relever l'espace-temps surprenant, lorsqu' Hannah rencontre les gens du désert. Le temps réel du roman est alors suspendu et un autre temps naît autour de cette troupe de nomades.


jeudi 6 octobre 2011

Tomek.1



Jean-Claude Mourlevat, La rivière à l'envers, Tomek 1.
La rivière à l'envers est le livre de Mourlevat que j'ai préféré, l'auteur nous plonge dans un univers merveilleux où rien n'est impossible: la forêt de l'oubli, le champ de fleur aux vertus, pour le moins, étranges, le pays des petits parfumeurs, l'île inexistante, la rivière à l'envers et j'en passe, tout y est rassemblé pour une lecture prenante et distrayante.
Outre le merveilleux du récit, une formidable histoire d'amitié ou pour ceux qui y verraient une autre interprétation, celle d'un amour naissant entre Hannah et Tomek. Les deux personnages ne se retrouvent qu'à la fin du livre, arrivés au but ultime, celui d'atteindre la montagne où s'écoule à l'envers une eau qui aurait la possibilité de donner la vie éternelle.
Ce qui m'a également beaucoup plu, c'est cette "parodie" finement menée
de deux mythes que j'ai eu la chance d'étudier et qui sont:
-La fontaine de jouvence à laquelle on accorderait la vertu de rentre immortel quiconque boit son eau. (mythe biblique)
-Le mythe d'Oedipe. Lorsqu'il rentre à Thèbes, ce dernier est confronté à un sphinx qui assiège la ville. Oedipe doit répondre à cette énigme pour rentrer dans la ville et la débarrasser du sphinx. (Tomek doit lui aussi répondre à une énigme posée par la sorcière afin de pouvoir quitter l'île inexistante.)
N.B.: Certains philosophes considèrent cette énigme comme un rite de passage à l'âge adulte; réussir par sa seule intelligence.
Si j'ai la chance d'enseigner un jour, je donnerai sans aucun doute cette lecture à mes élèves, c'est une bonne entrée en matière pour le conte merveilleux ou même pour montrer que les représentations mythologiques, qu'elles soient bibliques, grecques,etc sont encore bien présentes dans notre littérature contemporaine. Je pourrais également prendre ce livre comme exemple d'adaptations des mythes.
Ce qui, je pense, pourrait également être intéressant à faire avec des élèves, ce serait de leur faire lire le roman jusqu'au moment de la rendre entre Hannah et Tomek, et ensuite de demander aux élèves d'écrire la suite du récit en respectant les critères narratif du conte merveilleux. Que d'idées que j'espère bien vite pouvoir mettre en pratique!

E. DELRUELLE, Métamorphose du sujet, éd. de boeck université, 2006. 

mardi 4 octobre 2011

Moment détente...

Jean-Claude Mourlevat, La ballade de Cornebique.
On continue avec Jean-Claude Mourlevat, mais cette fois avec La ballade de Cornebique, vrai petit moment de détente que de lire ce livre. Mourlevat en mêlant à la fois, le merveilleux (bouc et autres animaux qui parlent et se conduisent comme de vrais adultes), l'humour (mésaventures en tous genres), et le sentimental (Cornebique, le héro du roman se lie d'une profonde amitié pour Pié), nous offre un cocktail détonnant.
Je me suis très volontiers laissée prendre au jeu, et je suis, en l'espace d'un instant, retombée en enfance grâce au héro, investigateur de toute cette histoire, sans oublier le docteur Lem qui perd la mémoire, et le petit Pié pour qui on espère une fin heureuse.

Ici, nous ne sommes plus du tout dans la parodie mais plutôt dans le merveilleux et même le comique.
Seul petit reproche peut-être, même si ce n'en est pas vraiment un, le manque d'inférence, et le peu de recherche de vocabulaire. Un peu normal, ce sera un roman qui cible davantage les élèves du primaire (dès 9ans), que les élèves du secondaire inférieur.

Néanmoins, à tous ceux qui veulent un petit moment de détente... La ballade de Cornebique est fait pour vous!

This land is your land - Woody Guthrie: Chanson qui parcoure tout le récit

"Le plus jeune était fort délicat et ne disait mot." ( Charles PERRAULT,Le Petit Poucet.)

Jean-Claude Mourlevat, L'enfant Océan.
Résumé: Yann est le cadet d'une fratrie de 7garçons, une nuit alors que tous ses frères sont profondément endormi, il surprend une dispute entre ses parents pendant laquelle le père lâche: "Je les tuerai tous les sept". La menace est lancée, les sept quittent alors la maison familiale afin de fuir le danger et atteindre l'Océan Atlantique. Hélas, le danger est partout et la fratrie tombe sur un homme mal intentionné, au bout de 5jours ils se sortent néanmoins de cette mésaventure mais Yann disparaît aux yeux de sa famille pour continuer à découvrir l'Océan Atlantique.
                                               
A la suite de cette lecture, je n'ai pas pu m'empêcher de faire le rapprochement avec le conte de Perrault. L'enfant Océan serait donc en quelques sorte notre Petit Poucet contemporain. 
Toutefois, si j'avais un reproche à faire à L'enfant Océan, j'ai trouvé que la polyphonie du récit n'était pas une mauvaise idée dans le fond, mais le changement trop rapide de narrateur m'embrouillait dans ma lecture, m'obligeant ainsi à faire des allés et retours dans le livre pour classer les évènements dans un bon ordre chronologique.