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jeudi 12 janvier 2012

"Sa partie est terminée, pas la mienne" p.253

Rune Michael, Genesis Alpha.
Titre futuriste avant coureur des thèmes abordés, nous passons ici à un tout autre type de roman.
Genesis Alpha ou comment parler de déterminisme social à des enfants, effectivement ce livre m'a rappelé mon cours de morale de l'année passée en touchant à des sujets comme les bébés médicaments ou bien encore devenons-nous ce que nous sommes par une suite d'actions ou venons-nous au monde avec un chemin tout tracé? Est-ce qu'un bébé naît criminel? ou le devient-il? Autant de sujets qui me semblent plus adaptés à un cours de morale si l'on veut vraiment exploiter pour ses thèmes intéressants.

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants....

Poursuivons nos lectures avec un des premiers livres de la liste de Madame Muselle: Une pièce montée de Blandine Le Callet. Chouette roman mais sans plus...
L'auteur a choisi un type bien particulier de narration en focalisant son histoire le jour du mariage de Bérangère et Vincent, et sur un personnage en particulier à chaque chapitre. Ainsi, nous avons par exemple pour le chapitre 1, l'histoire de Pauline (fille du frère de la mariée), outrée par le comportement que sa tante peut avoir avec Lucie (petite fille trisomique). Pour le chapitre 2, l'histoire de Bertrand (prêtre choisi pour la cérémonie) qui est très irrité par le comportement bourgeois de la mariée et qui pour lui faire payer son mauvais comportement, n'hésite pas à négliger la cérémonie. Pour le chapitre 3, l'histoire de Madelaine (grand-mère de Bérangère, la mariée) nous est racontée, dame âgée très malade qui tyrannise ses filles. Et ainsi de suite pour les 6 chapitres suivants.
J'ai aimé ce roman mais sans plus, sans plus pourquoi? Tout simplement parce que l'histoire est racontée de façon assez banale... des problèmes de familles comme tous le monde peut en avoir, des comportements agaçants et notamment cette bourgeoisie et cette prétention qui m'a agacé à m'en rendre malade.

Bérangère, la mariée, ne veut par exemple pas de la petite Lucie dans ses demoiselles d'honneur sous prétexte que "ça ferait désordre". Je dois vous avouer que c'est l'un des personnages que j'ai eu en horreur tout au long du récit, souhaitant même parfois que le marié se décide à la quitter.

Bref, j'ai du me retenir de ne pas arracher les pages du livre la concernant! (Et oui, à ce point!!)
Venons-en maintenant à son adaptation cinématographique, je savais qu'elle existait avant de lire ce roman, et je me suis tout au long de celui-ci demandé comment le réalisateur ferait pour mettre en scène ce bouquin....
Je ne suis pas déçue de l'adaptation, bien que certains personnages aient disparus, le scénariste à remplacé la folie du prêtre et la tyrannie de Madelaine par un amour de jeunesse renaissant de ses cendres. Les deux se trouvent troublés par la vue de l'autre, les souvenirs jaillissent et une courte romance débute. Courte, car hélas la mauvaise santé se dégradant de la grand-mère dans le livre est ici illustrée par la mort de la dame à la fin du film.

Et maintenant revenons-en à Bérangère... Je remercierais presque l'actrice d'avoir interprété son rôle de cette façon, interprétation du personnage qui heureusement pour moi, n'était pas très fidèle au roman. Dans le film , l'actrice, Clémence Poésy, m'a presque semblé agréable, à l'inverse, son mari (Vincent) interprété par Jérémie Renier a suscité en moi beaucoup moins de sympathie que son double romanesque.


Je ne pense pas que je donnerais ce genre de livre à mes élèves car il ne présente pas grand intérêt, aucune intrigue, aucun dénouement, l'histoire est platonique. Toutefois l'étude de livre en parallèle avec son interprétation cinématographique pourrait présenter plus grand intérêt.

mercredi 11 janvier 2012

Le fantastique dans toute sa splendeur!

J'ai commencé 2012 en beauté avec la lecture de ce petit livre de Stevenson qui n'est autre que le récit du Dr. Jekyll appelé aussi Mr. Hyde les jours plus sombres. Ce docteur trouve le mélange parfait entre diverses substances afin de séparer sa personnalité "bonne" de la "mauvaise", mais le piège réside dans le fait que son côté plus noir va prendre le dessus sur le bon et ainsi faire disparaître ce côté de sa personnalité. Récit haut en couleur et surtout en suspense, effectivement durant toute la durée du récit on ne sait pas qui est Mr. Hyde, et son lien avec Jekyll.
-Qui est-il?
-Pourquoi agit-il de la sorte?
-Comment/ d'où connait-il Jekyll?
-Lui veut-il du mal? Et qu'en  est-il de Jekyll, agit-il sous la menace?
Si je reprends une phrase dites par le Dr. Jekyll à la page 43 du roman: "J'ai attiré sur moi un châtiment et un danger qu'il m'est interdit de préciser." Celle-ci est une belle preuve du suspenses qu'a instauré l'auteur, et c'est ce qui rend l'oeuvre d'autant plus appréciable (pour ma part en tout cas).

Un deuxième point que j'ai envie d'aborder ici sera la ressemblance du personnage de roman, Jekyll avec le personnage de film, cette fois, le Professeur Foldingue.
J'ai regardé mainte fois ce film, dès lors j'ai tout de suite fait son rapprochement avec le roman de Stevenson.
Dans les deux, on y retrouve la substance permettant la métamorphose, un savant qui perd le contrôle sur une partie de lui même, les péripéties qui en découlent.
Malheureusement, pour le Dr. Jekyll, il n'aura pas la chance de s'en sortir aussi bien sur le Professeur Foldingue puisqu'il y laissera la vie.

Si j'avais à donner ce livre à mes élèves, je le donnerais, je pense, plutôt en troisième, voire en deuxième, c'est un roman que j'aborderai dans le cadre d'une leçon sur les hypothèses de lecture. Puisque la confession annonçant tout le dénouement de l'histoire se trouve dans les deux derniers chapitres.

lundi 2 janvier 2012

Skinny love-Birdy

Voici une des chansons qui aura marqué 2011 pour moi...
14ans et déjà un grand talent!!

Bonne année et meilleurs voeux pour 2012!!

mercredi 28 décembre 2011

"Tu es ce que tu fais."

CORMIER Robert, A la brocante du coeur.
"Tu es ce que tu fais", c'est sans aucun doute une des nombreuses phrases que l'on m'a dit et répété lorsque j'étais enfant et voici que je la retrouve ici dans ce livre de Robert Cormier. Elle est aussi la phrase la plus vraie du livre, sans critique aucune pour l'oeuvre de l'auteur qui met à jour les failles du système de façon très ludique. 

Ce livre me pousse vraiment au questionnement (naïf peut-être, mais ça vaut ce que ça vaut)...
Est-ce vraiment comme ça que ça se passe? 
Peut-on ainsi profiter de la naïveté d'un être humain qu'il soit un enfant ou un adulte? 
Quel genre d'homme doit-on être pour vouloir à tel point gravir les échelons de la société au prix de la vie d'autrui, et dans le cas présent, de celle d'un enfant? 
Comment poursuivre sa vie dignement après avoir encaissé de telles accusations? 

Tant de questions auxquelles j'ai, malheureusement, bien du mal à trouver des réponses satisfaisantes. Néanmoins, je pense que devant un récit de ce type, si les lecteurs restent dubitatifs à la suite de leur lecture ou mieux encore....révoltés, le travail de l'auteur est réussi et brillamment. 

Sans vouloir donner un aspect réducteur à l'utilité de ce livre, j'ai bien du mal à passer outre cette réaction de révolte qu'a produit chez moi sa lecture bien que je dois reconnaître à l'auteur un réel travail de recherche dans son écriture. Je peux dire que j'ai pris un réel plaisir malgré tout à lire l'ouvrage de Monsieur Cormier.
C'est d'ailleurs un livre que je ferai lire volontiers à mes futurs élèves, je l'envisagerais en deuxième voire en troisième année pour une leçon de morale. Non pour critiquer le système juridique, mais plutôt pour montrer la confiance que nous donnons parfois à des personnes "bien placées" (que nous pensons mieux savoir que nous) et toute la manipulation qui découle de ce rapport que nous pensons établi sur des bases de confiance.

Le portrait d'une meurtrière:

Anne Cassidy, L'affaire Jennifer Jones.
J'ai trouvé remarquable le jeu de l'auteur à nous faire deviner, à nous lecteurs, l'identité de la meurtrière. Le décor est bien encré les scénarios bien ficelés et les paris peuvent commencer... 
Oui! Que celui qui n'a pas essayé d'émettre son hypothèse sur l'identité de la meurtrière dès les premières pages me lance la première pierre! 
Soit dit en passant je trouve d'ailleurs qu'il serait intéressant de faire lire ce livre à des élèves qui auraient à travailler les hypothèses de sens etc. J'envisagerai alors la lecture de la première partie du livre: Alice Tully, puis demanderai aux élèves leurs avis et leurs hypothèses que j'espère nuancés. Mais laissons de côté les usages pédagogiques de ce livre et revenons-en au texte pour ainsi dire. 
L'intrigue policière de ce roman tourne autour d'un meurtre commis par une enfant: Jennifer Jones. 
Ce que je retiendrai de ce livre avant tout, c'est cette description non seulement de la meurtrière et de son état psychologique mais également et surtout de tout les élèments extérieurs et dont dépend cet état psychologique instable. Ce roman est en quelque sorte le mode d'emploi à suivre pour en venir à ce triste résultat. 
Outre ce point plus que positif, j'ai cependant une grosse déception pour la fin du récit qui m'a gâché, hélas, le plaisir que j'ai pu avoir pendant la lecture du roman. 
Je n'aurai qu'une seule chose à dire? 
Jennifer, Alice, ou peu m'importe, POURQUOI ne pas avoir répondu à Frankie???! 
Bref, ce roman m'aura laissé sur ma faim....

mardi 18 octobre 2011

"Vivre vite, mourir jeune" dixit Lily p.283

Bande-annonce du film Twelve                            BURGESS Melvin, Junk.
Je viens tout juste de finir ce livre, et je le dis dors-et-déjà, j'ai adoré!

Ce livre à maintes reprises me fait penser au film requiem for a dream, lorsque Lily puis Gemma et Sally sont obligées de se prostituer pour s'approvisionner en Héroïne. On ressent une profonde détresse de la part de ces filles qui perdent tout (santé, dignité,...) sans même s'en rendre compte. Chance pour Gemma qui arrive à s'en sortir (grâce à Oona), contrairement à son "double" dans le film, Marianne, jouée magnifiquement par l'actrice Jennifer Connelly, qui perd toutes valeurs humaines, toute sa dignité et ne trouve aucune issue à ce cercle vicieux. (Faut-il pour autant attendre d'être enceinte pour trouver la force de décrocher à une addiction? Non, évidemment! Mais, je pense que dans ce livre, cela peut être mal interprété par des jeunes ados qui penserait que la solution à leur problème est d'enfanter! Petit reproche sur ce point mais, il n'y en aura pas d'autre.)


Ce livre m'a également fait pensé au film Twelve, je l'ai vu très récemment au cinéma, et là encore ce qui me marque, ce sont cette dépendance et cette perte de valeurs. Le toxicomane n'en a jamais assez, il commence par le hasch, continue avec la cocaïne, puis passe à l'héroïne et ainsi de suite². Le junk est en rupture avec la société, il dérange, on le craint, il fait peur.

Mon avis sur les personnages est, quant à lui, mitigé. Le début du roman nous montre une Gemma détestable, je ne pèse pas mes mots, mais il s'agit de mon vrai ressentis. Je l'ai "maudite", si on peut dire, car elle avait la chance d'avoir des parents soucieux d'elle, elle n'avait rien à envier à ce pauvre Nico, qui lui, avait de bonnes raisons de se sentir désarçonné par sa vie en famille. Bref, je l'ai détesté une bonne partie du roman, fort imbu de sa personne, elle s'est crue le centre du monde et restait avec ce pauvre garçon, pour qui elle n'avait aucun sentiment, sans oublier, bien sûr, que sans elle Nico n'aurait jamais rencontré Lily et Rob et, donc aurait peut-être pu éviter la toxicomanie. J'ai enfin pu dépasser ce stade de rancoeur envers le personnage une fois qu'elle s'est sentie "trahie" par Nico qui ne cessait de lui mentir. Mais comme ce dernier le dit si bien: "L'héroïne vous emmène loin des réalités" p.137 du roman, ainsi, je ne pense pas qu'il faille juger l'un ou l'autre fait ou comportement sévèrement, car tous les personnages sont influencés par leur addiction à l'héro.

²: Le saviez vous? J'ai vu au journal de 20h qu'il existait une nouvelle drogue qui fait, apparemment, fureur en Russie et qui semble être aux portes de la Belgique, La krokodil. De ce qu'on en dit, c'est une drogue aux effets nettement supérieurs à ceux de l'héroïne et au coup trois fois moindre. En revanche, ses effets sont ravageurs, à en juger par la dureté des images. Elle brûle l'épiderme et parfois même les os.
Etonnant? je ne trouve pas, les composants sont dignes de ceux d'un cocktail molotov: iode, héroïne, essence, dissolvant à peinture, phosphore rouge (partie rouge des allumettes) et codéine (contenu dans le somnifère).
>>> N'arrêterons-nous jamais cette innovation régressive?!